- Sep 15, 2025
Notre parcours équestre : une évolution permanente 3 choses que j'ai remises en question dans mon approche
- Emilie - Alezane Horsemind
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Notre parcours équestre, c’est comme dans la vie personnelle. On fait des choix, on pense que ce sont les bons. On apprend, on découvre, on évolue, et on change.
Nous étions en accord avec certaines choses, on en prônait fièrement d’autres. Au final, on décide de changer de voie après s’être posé tout un tas de questions pour avancer.
Car le but, c’est d’avancer. Faire du surplace, dans la nature comme dans la vie, c’est bien souvent game over, ou du moins on peut finir par rester coincé au même niveau, à appuyer sur les mêmes boutons en boucle.
Dans mon cas, je n’ai jamais réussi à me contenter du niveau sur lequel je suis. Pas parce qu’il n’est pas intéressant, ou complètement nul. Mais parce qu’il y a tellement de choses à découvrir sur les autres que… pourquoi se contenter de rester là ?
Aujourd’hui, je réfléchissais à trois choses que j’ai totalement remises en question dans mon équitation et mon rapport aux chevaux.
⚠️ Attention : ici je vous parle de MON parcours, MON expérience, MON cheminement (rohlala l’égocentrisme ^^). Il n’est pas question de jugement de valeur si vous utilisez ce genre de pratique ou d’outil. C’est ma remise en question face aux choses que l’on m’a imposées dans mon équitation et sur lesquelles j’ai souhaité approfondir vraiment le pourquoi et le comment 🙃.
Prenez-le comme un témoignage, non pas comme une vérité ultime, et comme une porte ouverte plutôt qu’une attaque personnelle.
1. Le concept de la « bulle »
De mes 14 à environ 26 ans, j’ai pratiqué le horsemanship (équitation dite « éthologique », même si vous savez que les comportementalistes n’aiment pas trop ce terme à cause de la confusion constante avec les sciences de l’éthologie… breeeef je m’égare !).
Dans le horsemanship, le concept de « bulle » est un fondamental : nous sommes entourés d’un espace qui nous appartient et où le cheval ne doit pas empiéter.
Le problème, c’est que j’ai souvent eu des chevaux très proches de l’homme et… moi aussi, je suis une glue avec mes chevaux 🤣. La proximité ne me gêne absolument pas. Mais on me rabâchait sans cesse ce concept de « bulle »… alors je le faisais, sans jamais m’y faire.
On me disait que mon cheval ne me respectait pas, qu’il deviendrait ingérable. Moi, je voyais surtout un fossé dans la relation, un cheval qui ne comprenait pas pourquoi il devait rester à distance, et une rigidité qui ne me convenait pas.
Et puis… pourquoi le cheval devrait-il respecter notre bulle, mais pas l’inverse ? Pourquoi l’humain peut-il entrer dans l’espace du cheval malgré ses signaux de malaise ?
Alors j’ai décidé de questionner ce précepte. Et si la bonne distance était simplement celle où nous nous sentons, lui et moi, à l’aise et détendus ? Si ce partage d’espace inter-personnel devenait souple, naturelle, et non pas un mur artificiel ?
Si l’on remettait du lien, au lieu de la distance ou du contrôle. Parce que le vrai ciment dans la relation, c’est une écoute à double sens et un sentiment de confiance mutuel et non pas une distance et un contrôle du corps de l’animal (qui est en plus quelque chose d’illusoire).
Et ici je ne parle pas de laxisme dans l’éducation. Partager l’espace ensemble, en tenant compte de l’émotionnel de chacun ne veut pas dire que votre cheval n’a aucune éducation.
Alors depuis, je ne travaille pas la « bulle », j’écoute les signaux de mon cheval, je m’écoute moi, et j’agis en conséquence si je sens que j’ai besoin de plus de distance, ou que mon cheval en a besoin. Mais cette notion ne fait maintenant plus partie de ma pratique.
2. Le matériel « d’équitation éthologique »
Licol en corde, stick… depuis toute jeune je les ai utilisés « parce que c’était comme ça ». On me disait : « C’est LE matériel pour travailler à pied ».
J’ai longtemps cru que le licol en corde offrait précision et réactivité. Mais quand j’ai creusé… la seule raison est qu’il est en fait plus douloureux. Oui je sais que là çà va piquer beaucoup de monde…
J’en fesais partie fût un temps, car clairement je ne voulais pas accepter que l’efficacité du licol en corde venait du seul fait que les noeuds qui le compose repose sur les foramens infra-orbitaire de la tête du cheval.
Qu’est ce que les foramens ? Le foramen est un trou par lequel sortent des nerfs et des vaisseaux sanguins. Et qui dit noeuds en corde qui appuient sur des nerfs, à un endroit ou la peau est en supplément très fine, dit « aïe çà peut piquer ».
Et pourtant, tout le marketing pousse à acheter ce matériel spécifique. J’étais la première à collectionner des licols en corde colorés. Mais si l’on est honnête, il n’y a aucun besoin de ce type de matériel pour travailler à pied. Alors j’ai abandonné son utilisation.
Pour le stick, mon questionnement m’a poussé encore plus dans mes retranchements sur certains points. Je l’utilisais bien souvent par facilité ou sécurité. Il est alors devenu une béquille et aussi sans que je m’en rende compte…un frein à certains questionnements. Car là ou je le voyais comme un outil de précision, il me permettait uniquement à augmenter la rapidité de la réponse que j’attendais de mon cheval, mais lui aussi parcequ’il est purement désagréable.
Et sans m’en rendre compte je ne me posais plus la question de pourquoi mon cheval n’est pas motivé dans ce que je lui demande ? Je l’obligeais juste a ce qu’il réponde à ma demande. Alors oui je conçois que pour beaucoup le raisonnement peut sembler « aller trop loin ».
Mais actuellement ma recherche dans mon équitation, dans l’apprentissage que je veux partager avec mes chevaux, je veux mettre le comportement de mon cheval et sa lecture au centre de ma pratique. Et çà sans que ma pratique et mes objectifs prennent le dessus sur les messages que mon cheval m’envoie.
Cela fait donc pour moi entièrement parti du processus que de questionner les outils que j’utilise et surtout POURQUOI je les utilise !
Le stick m’offrait parfois un aspect « sécuritaire », pouvoir mettre de la distance, mais en même temps il pouvait provoquer inconfort et réaction brutale des chevaux avec qui je l’utilisais.
Alors je l’ai remplacé, j’ai utilisé le contact protégé qui m’a amené ce dont j’avais besoin en tant qu’humain, sans imposer forcément à mon cheval un outil susceptible de brouiller la communication.
J’ai finis par me rendre compte que les outils parfois qui nous semble utiles, nous bloquent dans le fait de chercher un autre moyen qui pourrait être plus agréable pour le cheval.
C’est la facilité au détriment parfois de la qualité de la relation et de l’apprentissage.
Alors aujourd’hui, je n’utilise plus ces outils qui ont pourtant été des éléments centraux dans ma pratique.
Je n’oblige pas mes élèves à ne pas les utiliser, mais par contre je les questionne toujours sur le pourquoi de leurs utilisation. Car j’estime qu’on doit toujours être lucide sur l’utilisation que l’on fait de certains outils, leurs limites, leurs impacts etc…
3. Accepter que mon cheval dise « non »
On m’a toujours appris que nous avions des objectifs et que le cheval devrait faire. « Que mon idée doit devenir la sienne ». Et clairement les moyens pour y arriver sont rarement aussi poétique que la phrase que je viens de citer.
Quand je me suis concentrée sur l’apprentissage de la lecture du cheval, la claque fût violente. Enfaite dans pleins de situations mon cheval criait « non », la plupart du temps de peur, et je n’écoutais pas, je poussais, je continuais, car ce qui compté c’était MON idée, pas son état.
Çà parait abrupte présenté ainsi, c’est pourtant ce que la majorité des cavaliers font, en pensant la plupart du temps bien faire. Il ne faut pas « laissé gagner », cela pourrait engendrer un cheval vicieux derrière.
Spoiler alert : dans une relation il ne devrait pas y avoir un gagnant et un perdant, sinon çà s’appelle une compétition. Et à la base, moi j’avais pas prévu d’être en compet’ contre mon cheval 😅.
Je me suis rendue compte que je n’écoutais jamais véritablement mon cheval, car si il en arrivait à des démonstrations « extrêmes » pour vouloir stopper la situation, alors c’est que j’étais déjà arrivée à bout de son seuil de tolérance.
Pourtant j’avais l’impression d’être aux débuts moi … Ensuite j’ai appris à lire un cheval, vraiment lire. Et j’ai compris….que je n’écoutais pas ses « non » mais qu’en plus je ne les acceptais pas…
C’était frustrant, démoralisant, fatiguant…car je n’atteignais pas les objectifs qu’on me demandait et j’en voulais à mon cheval de certaines de ses réactions alors que çà ferait 10min qu’il me répétait que là, il ne se sentait pas à l’aise du tout.
Accepter véritablement et dans leurs entièreté les « non » de mon cheval a été l’outil qui a le plus fait évoluer ma relation.
J’y ai déjà vu une belle opportunité de travailler sur moi, ça m’a permise de mettre à nu certaines choses qui méritaient que je m’y attarde plus, et a remis l’empathie et la compassion au centre de ma relation aux chevaux.
Ma qualité d’observation à drastiquement changée, et les « non » devenaient synonymes d’indices pour changer mon approches et améliorer significativement l’apprentissage des chevaux avec lesquels j’étais. Et ce sur du long terme.
Continuer à se questionner
Il y a encore tellement de choses sur lesquelles j’ai poussé les murs pour ouvrir de nouvelles portes.
Je sais que, pour certains, cela peut sembler trop poussé, trop pointilleux, comme chercher la « petite bête ». Mais j’aime me challenger à poser ces questions qui dérangent. Celles qui révèlent parfois un changement radical de vision.
Tout ça pour aller vers une équitation qui me ressemble, où le cheval retrouve sa juste place : celle d’un ami, d’un partenaire de jeu, et d’un être à part entière.
Et toi ?
Quelles sont les choses que tu as remises en question dans ton équitation et dans ta relation avec ton cheval ?