• Sep 20, 2025

Quand les meilleures intentions peuvent mener aux pires actions : Le piège de la généralisation

  • Alezane
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La majorité des cavaliers que je rencontre veulent bien faire. Ils veulent aider leur cheval, progresser, partager leurs découvertes. Et convaincre les autres qu’ils ont enfin trouvé : la clef ! C’est humain : on vit une expérience marquante, on trouve une solution qui semble efficace, et on a envie de la partager au monde entier. On pense enfin détenir LA vérité ! Mais parfois, à force de vouloir convaincre les autres avec notre “vérité”, on oublie de se demander : est-ce que c’est vraiment bénéfique pour le cheval ? Est ce vraiment bénéfique pour CE cheval ?

La majorité des cavaliers que je rencontre veulent bien faire. Ils veulent aider leur cheval, progresser, partager leurs découvertes. Et convaincre les autres qu’ils ont enfin trouvé : la clef !

C’est humain : on vit une expérience marquante, on trouve une solution qui semble efficace, et on a envie de la partager au monde entier. On pense enfin détenir LA vérité !

Mais parfois, à force de vouloir convaincre les autres avec notre “vérité”, on oublie de se demander : est-ce que c’est vraiment bénéfique pour le cheval ? Est ce vraiment bénéfique pour CE cheval ?

Le piège de la généralisation

Un cas particulier ne fait pas une vérité générale.

Chaque cheval est unique : son histoire, son environnement, son tempérament, sa santé, son rapport à l’humain, ses traumas… tout ça joue un rôle.

Ce qui semble “fonctionner” dans un cas précis peut être complètement contre-productif dans un autre. Et je peux vous assurer que sur le terrain même si vous rencontrez la même problématique avec deux chevaux, les solutions et les adaptations n’auront sûrement rien à voir !

Mais alors pourquoi nous cherchons à convaincre l’autre ?

Les biais qui nous piègent

Si on croit si facilement détenir la vérité, c’est parce que notre cerveau est rempli de biais cognitifs. Entre autres on peut retrouver :

Le biais de confirmation : on ne retient que ce qui confirme ce qu’on croit déjà.
Exemple : tu es persuadé qu’un cheval doit être “remis à sa place” → tu vois un cas où ça marche, et hop, ça valide ta croyance.

Le biais d’autorité : “si mon coach/le cavalier que j’admire l’a dit, c’est forcément vrai”.
On donne plus de poids à une parole parce qu’elle vient de quelqu’un qu’on respecte, pas parce qu’elle est factuelle ou scientifiquement prouvée.

Le biais de l’expérience personnelle : croire que ce qu’on a vécu fait office de vérité universelle.
Ton vécu est précieux… mais il reste une expérience parmi des milliers d’autres possibles.

Ces biais ne font pas de nous de mauvaises personnes : ils sont humains.

Mais si on n’en a pas conscience, ils peuvent bloquer toute remise en question. En supplément, on se retrouve touché émotionnellement quand quelqu’un vient mettre en avant des informations qui vont à l’encontre de ce que nous croyons.

Le poids de nos croyances…

Chacun a tendance à penser qu’il a eu raison de faire ce qu’il a fait.
C’est humain : on se justifie, parfois même dans l’idée d’expliquer ou de convaincre.

Même quand nous savons que nous pourrions nous tromper, il est naturel de vouloir montrer que notre choix avait du sens, ou au moins de préserver une certaine cohérence.
Souvent, nous voyons surtout nos propres vérités, celles qui nous rassurent, et nous avons plus de mal à accueillir celles des autres, parce qu’elles nous déstabilisent.

Alors, lorsqu’un post, une vidéo ou une discussion remet en question nos certitudes, il arrive que nous le prenions comme une attaque personnelle.
Notre réflexe est alors de réagir, d’expliquer pourquoi “chez nous ça a marché”. Mais nous oublions parfois d’entendre que, chez l’autre aussi, cela a pu fonctionner — même d’une manière très différente, voire opposée.

Accueillir ces différences sans chercher à prouver que notre chemin est le meilleur peut être une belle façon d’apprendre les uns des autres.

Échanger plutôt que se confronter

Si nous voulons partager notre expérience de manière utile, il nous faut d’abord apprendre à écouter.


Écouter vraiment, questionner avec curiosité, et présenter notre vécu en précisant le contexte : dans quelle situation, avec quel cheval, et dans quelles conditions.

Cela implique aussi d’accueillir sincèrement ce que l’autre a à nous transmettre, sans jugement et sans chercher à imposer notre vision.

Prendre en compte l’autre et sa problématique dans son ensemble, amener des pistes de réflexion, proposer de l’aide… puis accepter que l’autre choisisse une voie différente.

Rester ouvert d’esprit, prêt à réajuster nos propres croyances ou à nourrir un débat constructif, c’est ce qui permet de progresser ensemble.


Et n’oublions pas : ce n’est pas parce que quelqu’un ne pense pas comme nous qu’il devient un adversaire. Car parfois, même avec les meilleures intentions, nous pouvons involontairement mener aux pires actions.

Avancer ensemble

Nos expériences avec les chevaux sont précieuses, mais elles ne sont pas des vérités universelles.

Chaque cheval est un individu, chaque contexte est unique, et c’est dans cette diversité que nous pouvons apprendre les uns des autres.

Partager plutôt que convaincre, écouter plutôt que juger, questionner plutôt que s’imposer… voilà ce qui permet de construire un monde équestre plus respectueux et plus juste.

La remise en question n’est pas une faiblesse, mais une force. Elle nous pousse à évoluer, à affiner notre regard et à offrir à nos chevaux des conditions de vie et d’apprentissage toujours plus adaptées.

Et si, finalement, la véritable clé n’était pas de chercher qui a raison, mais d’avancer ensemble dans le respect et la curiosité ?

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