• Sep 28, 2025

Le « Join-Up » : la contrainte du lien !

  • Alezane
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🔥 Le « Join-Up » : mythe ou méthode ? Souvent présenté comme une technique « naturelle » pour créer du lien avec son cheval, le Join-Up cache pourtant une réalité bien différente… Stress, fausse idée de hiérarchie, absence de réel choix pour le cheval : derrière l’impression d’un « consentement », se cache souvent de la résignation. Aujourd’hui, les connaissances scientifiques nous permettent de mieux comprendre pourquoi cette méthode pose problème. 👉 Dans cet article, je t’explique en détail pourquoi le Join-Up est une fausse bonne idée…

Qu’est-ce que le Join-Up ?

La méthode « Join-Up », créée par Monty Roberts, repose sur ses observations de troupeaux de chevaux.

Elle se pratique généralement dans un rond de longe :

  • Le cheval, animal grégaire, est « invité » à plusieurs reprises à rejoindre l’humain.

  • S’il fuit, on attend qu’il montre un signe d’attention vers la personne.

  • À ce moment-là seulement, la pression est relâchée pour l’inviter à venir.

  • Si le cheval se détourne, la pression est à nouveau augmentée.

L’objectif affiché est que, sur le long terme, le cheval finisse par accepter l’humain comme « référent ».

Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Pourquoi le Join-Up pose problème

  • Une vision dépassée de la hiérarchie du troupeau

  • Un positionnement artificiel de l’humain en « dominant »

  • Une mise en stress prolongée, aux conséquences physiques et psychiques graves

  • Un risque d’impuissance acquise, sans véritable choix pour le cheval

  • Un apprentissage biaisé par le stress, qui nuit aux capacités cognitives

Une vision dépassée de la hiérarchie du troupeau

Monty Roberts s’appuie sur le comportement d’une jument dominante qui éloignerait les jeunes du groupe pour les « punir ».

De là est née l’idée que le cheval, poussé par son instinct grégaire et son besoin de sécurité, allait chercher à rejoindre l’humain comme référent.

Or, les recherches scientifiques actuelles montrent que cette vision est simpliste et datée.

La vie sociale des chevaux est beaucoup plus complexe :

  • Les chevaux n’ont pas de territoire fixe, mais un espace vital lié aux ressources.

  • Leurs relations reposent sur un mélange d’affinités et de rapports de dominance, est le contexte dans lesquelles elles se jouent

  • Le statut social d’un individu peut évoluer tout au long de sa vie.

L’humain « dominant » : une illusion

« La théorie de la domination appliquée à l’interface homme-cheval est probablement faible, en raison de la complexité de l’organisation sociale des chevaux et des différences morphologiques importantes entre chevaux et humains. (… )Les rôles des dirigeants dans les groupes de chevaux varient et les chevaux apprennent à la suite du renforcement qui suit un comportement. Ainsi, devenir le leader quasi-dominant d'un cheval peut avoir peu de pertinence éthologique du point de vue du cheval.”»

(Elke Hartmann, Janne W. Christensen, Paul D. McGreevy, 2017)

En clair : vouloir « devenir dominant » n’a pas de sens pour le cheval.

Votre cheval sait très bien que vous n’êtes pas un cheval — et ce n’est pas un problème. L’enjeu n’est pas de « parler cheval comme un cheval », mais de comprendre leur fonctionnement pour mieux s’adapter, sans chercher à imiter une place hiérarchique qui n’existe pas dans cette relation.

Le stress : un danger pour le cheval

Selon son tempérament, le Join-Up peut générer un niveau de stress très élevé.

Or, le stress prolongé a des conséquences lourdes :

  • troubles psychiques (résignation, anxiété, comportements pathologiques),

  • altérations physiques liées à la surproduction d’hormones de stress,

  • baisse des capacités d’apprentissage.

Dans certains cas, cette montée de stress peut conduire à la catatonie (résignation totale).

Le faux « consentement » du cheval

Le rond de longe ne laisse aucune échappatoire : le cheval n’a pas de choix.

La seule option pour retrouver un semblant de confort est de rester auprès de l’humain.

Ce n’est pas du consentement, mais une résignation acquise : le cheval cesse de chercher à fuir parce qu’aucune issue n’est possible.

Le cavalier peut avoir l’impression qu’un lien s’établit, mais en réalité, le cheval reste… par absence d’alternative.

Les justifications fréquentes… et leurs limites

« Oui mais ça marche ! » → D’autres méthodes marchent tout aussi bien, sans générer de stress extrême.

« Les chevaux font ça entre eux. » → Entre eux, il ne s’agit jamais de « respect », mais d’accès aux ressources. La comparaison n’est pas pertinente.

« Monty Roberts a une carrière immense. » → Ce n’est pas sa carrière qui est remise en cause, mais l’adaptation de ses méthodes à la lumière des connaissances actuelles.

Des « Join-Up » déguisés ?

Attention aux méthodes qui n’utilisent pas le nom de Join-Up, ni forcément un rond de longe, mais qui reposent sur le même principe :

  • « chasser » le cheval au travail à pied jusqu’à ce qu’il revienne,

  • techniques poétiques ou spectaculaires comme « la main tendue »,

  • exercices où le cheval n’a de confort que s’il reste attentif à l’humain.

Même sous des formes plus poétiques, le risque de résignation acquise reste bien présent.

Conclusion : et si on faisait autrement ?

Avec tout ce que l’on sait aujourd’hui sur les chevaux, il paraît difficile de continuer à utiliser le Join-Up sans questionner ses effets.

D’innombrables méthodes existent pour construire une relation solide, respectueuse et efficace — sans passer par le stress, la contrainte ou la résignation.

Le véritable lien avec le cheval ne naît pas de la domination ou de l’absence de choix, mais de la confiance, du respect et de l’adaptation.

👉 Quels types de pratiques t’ont déjà amené(e) à te questionner sur le vrai consentement du cheval ?

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