- Oct 10, 2025
Juments : la force qui dérange (sous la robe alezane)
- Alezane
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Le grand sujet des juments alezanes
S’il y a bien un autre sujet brûlant dans le monde équestre, c’est celui des juments.
Un mythe leur colle à la peau et ne veut décidément pas les lâcher… La fameuse jument : « pisseuse », « drama queen », « dragon », et j’en passe.
Autant de surnoms qui, depuis des décennies, ont transformé les juments en une sorte de légende : celle de l’animal capricieux, imprévisible et indomptable.
Mais qu’en est-il vraiment ?
Des chevaux… entiers avant tout
Le point central, c’est de se rappeler que les juments sont entières.
Et par « entières », j’entends que leurs hormones, leurs cycles, et les douleurs qui peuvent s’y associer ont forcément une influence sur leur comportement.
On oublie trop souvent que les juments sont montées même lorsqu’elles sont en chaleur.
Pour certaines, les douleurs ovariennes — combinées à la présence d’une selle, d’un cavalier, et parfois de contraintes physiques — représentent un effort considérable pour le corps.
Ajoutons à cela des hongres un peu chauds dans la même pâture qui tentent de les monter…
Bref, leur corps peut être mis à rude épreuve, et pourtant, on leur reproche souvent simplement d’être « désagréables ».
Le contexte : souvent oublié
Il est intéressant d’observer que, dans beaucoup de vidéos où l’on voit des juments dites « dragons » ou « capricieuses », elles se trouvent en box, pendant le pansage, ou au moment de la selle.
Pourtant, ces comportements prennent tout leur sens quand on se souvient que les juments ont les mêmes besoins fondamentaux que tous les chevaux :
de l’espace,
des contacts sociaux,
de la liberté de mouvement,
et un environnement apaisant.
Chaque jument, comme chaque cheval, a une proxémie (une distance de confort) et un tempérament qui lui sont propres.
Et quand on combine cela à leur caractère « entier », leurs réactions peuvent simplement sembler plus expressives.
Mais là où, chez un étalon, on va valoriser cette expressivité comme de la « prestance » ou du « caractère », chez une jument, on parlera vite de « mauvais caractère ».
Oui, mesdames, le monde animal n’est malheureusement pas en reste en matière de misogynie.
Et pourquoi les juments alezanes alors ?
Bonne question !
La couleur alezane (rousse) semble elle aussi traîner son lot de préjugés.
Dans plusieurs espèces, la robe rousse est associée à des comportements « étranges » ou « particuliers » — les chats roux, par exemple, ont eux aussi leur réputation.
Et puis, soyons honnêtes : la couleur alezane est très fréquente chez les chevaux.
Il est donc tout à fait normal d’en croiser souvent, ce qui augmente mécaniquement la probabilité que les comportements observés soient associés à cette couleur.
Le reste, c’est un vieux mélange de biais culturels et de stéréotypes :
le chat "roux"
la jument "rousse",
la « difficile »,
la « caractérielle »…
Bref, l’amalgame s’est vite fait entre juments, rousses...
Invisibiliser le mal-être
Les vidéos qui tournent sur les réseaux, où l’on rit de juments dites « folles » ou « possédées », sont souvent — malheureusement — des chevaux en mal-être.
Des chevaux qui crient que quelque chose ne va pas.
Mais à force de répéter ces mythes, on finit par invisibiliser leur souffrance.
On rit, on commente, on étiquette…
Et on passe à côté du message qu’elles essaient de nous faire passer.
Après tout, ce n’est « qu’une femme »…
Oups Euh pardon — qu’une jument alezane.
En conclusion
Les juments méritent qu’on les regarde autrement.
Elles ne sont ni capricieuses, ni diaboliques, ni impossibles.
Elles sont vivantes, sensibles, parfois douloureuses, souvent incomprises.
Et si l’on prenait le temps de les écouter, vraiment, on se rendrait compte que derrière chaque « drama queen », il y a simplement une jument qui cherche à être comprise.
Pour ma part, les deux juments avec qui j’ai — et je partage encore — ma vie sont alezanes.
Et si ce compte s’appelle Alezane Horsemind, ce n’est clairement pas un hasard. 🧡